Macron : seules les manifestations syndicales autorisées samedi, les autres interdites « partout où on le peut » par les préfets
Jeudi 22 octobre, après un conseil de sécurité avec les services de renseignement, Emmanuel Macron a fixé la ligne pour samedi : tracés alternatifs pour les syndicats, interdiction pour les autres. Il parle d’« actes séditieux » de l’ultragauche. À Matignon, les partis sont ressortis déçus.

Jeudi 22 octobre 2026, Emmanuel Macron a présidé à l’Élysée un conseil de sécurité avec le Premier ministre, les ministres concernés et « l’ensemble des services de renseignement ». Objet : les dispositifs des prochaines semaines et les « dysfonctionnements » du week-end du 17 octobre (Élysée).
Ce qui est décidé
- « La recommandation générale, c’est qu’il n’y ait pas de manifestation » samedi, a dit le président (France 24 avec AFP, franceinfo) ;
- pour les syndicats, les préfets proposeront des tracés alternatifs pour protéger « nos commerces et nos bâtiments publics » ;
- pour les autres, « partout où on le peut, on interdira » : les demandes « faites par des gens qui n’ont aucune légitimité » seront interdites par les préfets (France 24, Euronews).
L’interdiction n’est pas nationale : elle passe par des arrêtés préfectoraux, ville par ville. Jeudi soir, Lyon, les Bouches-du-Rhône, Lille, Nice, Rouen, Le Havre, Toulon, Brest et Quimper en avaient pris ; à Paris, le cortège CGT Bastille-Nation est autorisé, celui d’Interfac et de gilets jaunes vers Opéra interdit (franceinfo). Détail des mesures : notre article couvre-feux.
Ce qui est dit
- Emmanuel Macron dénonce « des actes politiques et même séditieux » de « groupes organisés d’ultragauche qui visent à faire tomber la République », distincts des « actes de délinquance » (France 24, Euronews) ;
- il reconnaît « des défauts d’anticipation » et évoque « plusieurs milliers de gardes à vue » et « plusieurs centaines de personnes incarcérées », sans chiffre précis (France 24) ;
- une nouvelle réunion est annoncée vendredi pour prendre des « décisions supplémentaires » (France 24, Euronews) ; organisations lycéennes et étudiantes reçues lundi par Sébastien Lecornu (France 24).
À Matignon, les partis déçus
Jeudi après-midi, Sébastien Lecornu a reçu les forces politiques du Parlement. Marine Le Pen, Édouard Philippe et Gabriel Attal n’y sont pas allés (Euronews).
- Manuel Bompard (LFI) : la réunion a « fait perdre » du temps au pays (franceinfo, Euronews) ;
- Raphaël Glucksmann (PS-Place publique) regrette l’absence de réponses « claires » sur le « fiasco sécuritaire » du 17 octobre (franceinfo, Euronews) ;
- Edwige Diaz (RN) : le gouvernement tente de « minimiser » ses responsabilités (franceinfo, Euronews) ;
- Marine Tondelier (Écologistes) : « encore plus inquiets » en sortant (franceinfo, Euronews).
Les maires de Paris, Lyon et Marseille ont aussi été reçus (Euronews).
22 octobre 2026. Décisions : déclaration du président après le conseil de sécurité. Arrêtés : préfectures, via franceinfo. Réunion de vendredi : rien d’annoncé à l’heure de publication.
Sources
Synthèse originale REACTUS, 23 octobre 2026.
- Élysée — Conseil de sécurité, 22 octobre 2026
- France 24 (AFP) — Seules les manifestations organisées à la demande des syndicats seront autorisées samedi, assure Macron
- Euronews — Les manifestations non syndicales interdites ce week-end, annonce Emmanuel Macron
- franceinfo — Les interdictions partielles ou totales de manifester se multiplient à l’approche du 24 octobre
- franceinfo — « Perte de temps », « des responsabilités minimisées »… Les oppositions fustigent le gouvernement